Interview portrait de l’auteur
Note des lecteurs
Patricia Gallot-Lavallée est « consultante internet », auteur et formateur dans le domaine de l’internet, plus précisément de l’architecture du Web. Elle touche à toutes les facettes de ce domaine, c’est-à-dire l’enquête des utilisateurs, la conception et l’évaluation de l’utilisabilité. La qualité du Web, c’est sa passion ! Et pour confirmer ce fait, Patricia écrit un livre 60 manières de naviguer sur un site internet dont la sortie est prévue pour le dernier semestre 2007.
Dans la vie de tous les jours, Patricia est une jeune femme à la personnalité pétillante. Véritable « boîte à idées », surnommée aussi « Miss alternative », elle possède des carnets qui fourmillent de projets … La trentaine, hyper créative, active, réactive et proactive, dynamique, et passionnée, on a l’impression qu’elle a déjà vécu une foultitude de vies parallèles.
Elle y puise sans doute ses idées.
Des défauts ? Patricia serait un tantinet impatiente. Mais qui ne le serait pas quand on a « 100 idées à la minute » et une forte envie qu’elles se concrétisent.
1- Personne dont le travail te plait ?
Steve Jobs. Il observe, réfléchit, trouve un concept tout seul dans sa tête et/ou avec ses équipes. Fait des présentations pour évangéliser le produit de sa
réflexion… et ça marche.
2- As-tu une entreprise pour laquelle tu aimerais travailler (et pourquoi) ?
Oui, IDEO (www.ideo.com). Pure créativité. Ce que j’aime le plus dans la
créativité, c’est l’ingéniosité. Faire tomber les fausses barrières et se
servir des vraies pour créer quelque chose de nouveau, de différent et de
pratique.
3- Personne(s) que tu aimerais ou aurais aimé rencontrer ou collaborer avec
elle(s) (et pourquoi) ?
Steve Jobs, Nicolas Gaume, Simone Veil, le binôme Google… j’aime observer ce qui
fonctionne et en tirer des leçons.
Ils sont généralement intéressants et ils ont des chevaux sous le capot pour
mettre un projet en route.
4- Site et adresse préférés ?
La barre de navigation dans les favoris des autres de Yonoo et la barre Stumble
Upon. Parce qu’ils permettent une vraie approche transversale du web. C’est un
peu comme si vous alliez vers quelqu’un et que vous lui disiez « Surprends-moi
avec un truc cool ». Les résultats ne sont pas isolés par localisation
comme avec Google. C’est l’idéal pour découvrir des références à l’international.
5- Citation préférée (et pourquoi) ?
« Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait. »
Parce que les barrières mentales sont les pires qui soient, elles sont
invisibles.
6- Lieu où tu aimerais le plus habiter ?
Il me faudrait un mix de 3 lieux.
Un peu à New York pour absorber de leur « Can-attitude », pour la proximité,
les stars sont avec vous au concert du coin. Parce qu’il y a un Starbucks Café
à tous les coins de rues.
Un peu en France, pour la capacité des français à être résistant au changement
et à tout remettre en cause. Parce qu’il n’y a pas de Starbucks Café à tous les
coins de rue. Oui la résistance au changement a de bons cotés.
Et à un endroit différent pour quelques mois, tous les ans. L’année dernière
c’était le Canada, la Chine l’année prochaine ? J’adore marcher dans une ville
que je ne connais pas. On ne sait jamais sur quoi on va tomber. C’est bon de
voir comment les autres fonctionnent, ça remet les habitudes de pensées à zéro.
7- Technologie ou innovation pour toi la plus prometteuse ?
À 6 mois : les résultats de recherche visuelles type Google Maps et les
Mashup que l’on peut y voir. Un mashup est un mix de deux services. Par
exemple sur dilelui.com vous pouvez voir une carte de Paris de tous les coups
de foudre déclarés par ses utilisateurs. Reste à vous, à refaire tous vos
chemins habituels pour voir si quelqu’un n’est pas tombé amoureux de vous à la
boulangerie.
Voir encore « le billet le moins cher » de Vueling sur un mois pour une
destination donnée ou « le jusqu’où puis-je aller de Air New Zealand ».
À 5 ans : les objets communiquant sans écran et clavier de type Nabaztag/tag.
Pour moi, c’est l’email de demain. Le texte aura moins de place, il sera lu par
des synthèses vocales, les gens enverront des enregistrements. Toujours plus d’images
et de vidéos. Le texte sera là mais en alternative. Le toucher, l’ouïe vont
prendre plus de place.
8- En dehors de la conception et du multimédia, ce qui te passionne le plus ?
Le développement personnel, l’analyse des personnalités et les applications génératrices d’expérience.
9- Ton idéal | rêve pour l’avenir du Web ?
Que la vie réelle interagisse plus avec le web. A la Fnac maintenant il me
manque des infos, les avis utilisateurs que l’on trouve sur Internet.
Je parlais avec Louise Fantini qui est conceptrice d’application multimédia au
Canada. Et elle me disait que bientôt cela ne vaudra plus le coup de se déplacer
dans un musée pour voir une expo. L’expérience en ligne sera plus
enrichissante.
Aussi plus d’expérience en ligne et hors ligne. Je suis passionnée du concept d’« Expérience ». Il y a de belles applications d’expérience shopping à NY. J’en parle dans le livre. ![]()
Pour l’instant on est encore dans l’Interaction DESIGN. Je construis une
application avec laquelle mes utilisateurs vont interagir. La suite, logique
pour moi, est l’EXPERIENCE DESIGN, je construis une application avec laquelle
mon utilisateur va vivre quelque chose. Ce n’est pas obligatoirement que du
numérique, cela s’applique aux restaurants, aux magasins, etc.
10- D’où te viennent ces idées de projets ?
Des besoins que je ressens en tant qu’utilisateur. Je me projette aussi souvent
dans la tête des autres. J’imagine ce qu’un agent de sécurité voit sur ses
écrans, ce qu’un acrobate voit lorsqu’il se trouve au dessus d’une foule, ce
que perçoit un aveugle en arrivant sur une page web. J’adore observer les autres faire,
regarder où les internautes cliquent.
Je ne me laisse pas faire par des expressions de type “c’est comme ça, on ne peut rien y faire”.
11- Qui se cache derrière Patricia ?
Une grande timide, bizarre pour une extravertie comme moi !
Mais vu le fossé qu’il y a entre moi et les autres à cause de ma timidité, pour
le franchir je prends de la vitesse, j’arrive donc avec de l’élan !
Je bouscule parfois un peu à l’arrivée. Désolée.
12- Tu aimes relever des défis, le ou lesquels t’ont particulièrement plu et
qu’en est il ressortit ?
Ce n’est pas vraiment des défis que je relève. C’est plus des missions, des projets
que je veux voir exister. Donc il faut que je m’en occupe. Sinon ce sont des
idées gâchées qui restent à pourrir dans mes carnets. Oui, les idées ont des
dates de péremption.
Je crois que j’ai le cerveau droit connecté à la Noosphère ;-). Donc si je ne
réalise pas toutes mes idées, ce n’est pas si grave un ou une autre le fera
peut-être…
13- Tu es “consultante internet”, mais concrètement ça veut dire quoi au
quotidien ?
Consultant, ça veut tout et rien dire, disons plutôt que je suis architecte web.
Dans le bâtiment, un architecte va vous conseiller sur des points particuliers comme détruire un mur, optimiser l’espace… Il réalise aussi des plans de projet, ambitieux ou non. Il connaît toutes les contraintes des corps de métier liés au bâtiment (le plombier a
besoin de place pour faire passer les tuyaux, il connaît les normes que doit
respecter l’électricien). Il sait être créatif et propose des bâtiments… innovants selon leurs fonctions. Il va anticiper les portes d’entrée, selon les bouches de métro, le besoin en parking…
Et bien moi c’est la même chose. Je conseille les gens qui ont des sites Web et
veulent l’améliorer et je dessine les plans des futurs sites Web en fonction du
besoin des utilisateurs, de l’objectif du client, et des contraintes techniques.
Je travaille aussi beaucoup à créer pleins de portes d’entrée vers le site
afin que les gens les trouvent et utilisent le site sans avoir à faire trop de kilomètres avec leur souris.
14- Qu’est ce qui est le plus important pour toi dans la vie ?
Le plus important pour moi dans la vie, c’est de vivre passionnée, de travailler sur des projets qui me mettent dans le flow** et de structurer aussi bien ma vie professionnelle que personnelle afin d’interagir avec des personnes que j’aime, respecte et à qui j’apporte vraiment quelque chose.
** Être dans le Flow***, c’est l’état dans lequel nous nous trouvons lorsque la tâche que nous sommes en train de réaliser est un challenge suffisant pour nous amener un pas au dessus de nos compétences, tout en nous gardant hors d’un état d’anxiété. Quand on est dans le flow, on ne voit pas le temps passer. C’est un cercle vertueux dans lequel, nous sommes heureux et en constante évolution. Des schémas et des explications sur le Flow sur mon blog.
Le PDG d’un groupe média important sur Internet a dit de moi un jour :
« Patricia quand elle est motivée, elle déplace des montagnes ». Le revers de la
médaille, est que quand je ne le suis pas, je vis un supplice sans nom.
Comme dit Fred, alors c’est toi qui devient la montagne.
Patricia tient un blog, à sa manière, à son rythme sur www.strategy-interactive.com/blog


Prix TTC,
parfait…
Bravo votre ouvrage dont le sujet méritait bien un livre dédié.
Concernant cet exemple:
“Je parlais avec Louise Fantini qui est conceptrice d’application multimédia au
Canada. Et elle me disait bientôt cela ne vaudra plus le coup de se déplacer
dans un musée pour voir une expo. L’expérience en ligne sera plus
enrichissante.”
Ca me fait un peu penser a un article des années 50-60 ou l’on disait que l’on mangerait que des pilules en l’an 2000… Pour moi, le futur c’est plutôt le mix des deux..le musee + l’expérience digitale…je ne vois pas comment on pourrait faire ressentir l’émotion dégagée par la vision d’une œuvre d’art réelle,dans un contexte particulier (le musée) via une expérience digitale…Mais comme c’est joliment dit par la suite, il y a un beau challenge consistant a désigner une expérience utilisateur complétée…
au lieu du flow, vous m”avez mis dans le flou…
j’espère que votre livre est écrit dans un charabia moins guimauveux et plus challengeant mdr !